• Laure Gombault romancière

#écrireàpropos

Écrire à propos de l'acte d'écrire: dire ou n'en rien dire !


D'abord il y a des images, des émotions, puis des mots. Je ne sais pas ce qu'il va se passer. Le livre n'est pas encore écrit, même pas dans mon imagination. Mais il y a déjà une tension, un désir d'explorer des zones inconnues à l'intérieur de moi.

La fameuse question que l'on se pose et qui est posée à tout auteur-e un jour ou l'autre : Pourquoi écrire ? Chaque fois, une voix singulière y répond.

Dans l'écriture, je trouve quelque chose que je n'ai même pas cherché. Cette autre chose vient de loin, mais qu'importe de savoir d'où ? Sur l'instant, c'est le moment de l'écriture qui compte. Que se joue-t-il ? Pas à coup sûr du plaisir, non, c'est plutôt une nécessité qui ne justifie rien. J'aime beaucoup ce qu'en dit Marcelline Roux : « J'écris pour que la vie ne soit pas qu'une suite d'éléments bruts, voire brutaux, qu'elle se dépose autrement, à côté. J'écris pour avoir une vie à côté : dans un coin de tête ou sur un coin de table ».

Mais quelle est cette vie à côté ? Il n'y a rien à en dire et pourtant… C'est traverser un espace-temps, et parfois, sans même y être. Ou du moins, ça passe par le corps sur l'espace de la page ou de l'écran. Souvent, il ne s'y passe rien. Et puis, parfois, on touche quelque chose, à travers un mot ou une phrase qui nous semble sonner juste. Ces instants sont rares, mais quand ils arrivent, c'est comme une forme d'extase, l'extase de se sentir vivant-e.

Écrire s'inscrit dans un désir, il y a des choix et des renoncements qui s'exercent pourtant, comme dans l'autre vie.

Moi je m'y sens bien comme dans un refuge, car je crois que la vie ne me suffit pas !

Ou alors il s'agit de recomposer ce qui a coincé, ce qui s'est tordu ou délité ? C'est peut-être même réussir à déterrer ces secrets si profondément enfouis.

Pourtant, il ne s'agit pas que de soi. Ces lignes si laborieusement écrites, on les destine à d'autres, sinon à quoi bon ? On modèle la langue comme on le fait avec la glaise, mais c'est de la pâte humaine qu'on destine à d'autres. Sortir de soi, offrir quelque chose de soi, une histoire qu'on partage avec d'autres, pour d'autres. On se retrouve alors dans ce qui nous réunit, on veut toucher cette universalité-là. Quelle prétention se cache-là ?L'écriture ne reste pas ce vaste champ solitaire, sinon on se contenterait d'un journal intime, non ?

Comme dirait Philippe Vilain « il y aurait beaucoup à dire sur cette étrange passion à faire ce que personne ne nous demande ».

Beaucoup à dire ou rien à dire en fait !

Et moi, j'ai trop bafouillé ! Allez, je m'en vais écrire plutôt...


Ce post est le fruit d'un partage avec d'autres auteur-e-s, initié par Catarina Viti et dont le hastag #écrireàpropos est le fil conducteur sur les réseaux sociaux.





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