• Laure Gombault romancière

Revenir à ses obsessions

On nous dit souvent qu'involontairement, les auteur-e-s reviennent toujours à leurs obsessions. En me questionnant sur les miennes, je retiens l'obsession filiale. Mes romans traitent de ce qui m'a été dit, mais surtout de ce qui m'a été tu.

Je crois que j'écris dans cet intervalle, pour donner corps à ces non-dits. C'est pourquoi les secrets de famille sont un thème qui traverse mes romans. Parfois, le secret s'inscrit dans l'inconscient filial et revit à travers un membre de la famille, malgré lui, parce qu'il reproduit sans le vouloir l'histoire d'un de ses ancêtres, ou bien un secret enterré resurgit parce qu'il est trop douloureux.

Dans mon roman Les Interdites, Blanche, la fille de Louison, à son enterrement, va découvrir le secret posthume de sa mère. Dès lors, elle va se plonger dans sa passion dévorante pour la châtelaine pour laquelle elle travaillait comme domestique. Et Blanche va aller de surprises en surprises.

Que connaissons-nous de ce qu'ont vécu nos parents ou nos ancêtres ? Ils nous lèguent ce qu'ils ont bien voulu nous léguer. Dans chaque famille, se tapissent au cœur des transmissions de quoi imaginer des récits quand la parole a manqué.

Mon histoire familiale méconnue est un des ciments de mon imagination.

Mes romans traitent le plus souvent de femmes tour à tour fragiles et puissantes, inquiètes et résilientes, comme le sont les mères, les filles, les sœurs que nous aimons.


Dans mon roman Un verre avec toi, Lilas recherche l'amour maternel absent à cause de l'emprise alcoolique de celle-ci. Son petit garçon sera le pont entre ces deux femmes. Chacune vit des blessures qu'elles ne se sont jamais confiées. La trame narrative crée des espaces de réconciliation entre ces trois générations.

Dans L'homme du train, on retrouve le déterminisme de vies cabossées par la violence. La violence, qui, quand on la reçoit, est retransmise ( parfois ) à la génération suivante. Les femmes violentées le sont par des hommes le plus souvent qui ont été eux-mêmes maltraités. Il ne s'agit pas de les excuser, mais de comprendre ce qui se joue dans ce mécanisme pour l'homme du train. Ce livre est avant tout un plaidoyer contre la violence faite aux femmes, tout en donnant à réfléchir à ce qui se joue chez les femmes qui la subissent. Tania, conseillère conjugale, est un personnage complexe qui se débat dans ses contradictions.

Dans mon roman, Louise sous emprise, on retrouve chez Louise la question identitaire, et la question de l'imposture. Elle est attirée par la "mauvaise" personne. Nos choix ( conscients mais le plus souvent inconscients) disent ce que nous sommes de nos relations passées, de nos relations filiales. Chacun se débat dans ses histoires de vie singulières.

L'écriture est pour moi l'occasion de démêler la mienne à travers mes personnages. Mais elle est aussi le désir de partager avec mes lecteurs ce qui nous traverse tous, quelque chose de l'universel dans nos vies.

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